mercredi 20 mars 2013
lundi 12 novembre 2012
Rappel: Lancement de "CH. La Suisse en kit" ce jeudi!
Libellés : Xenia
lundi 15 octobre 2012
Le "Boulevard de l'islamisme" et les culs-de-sac de la liberté d'expression
samedi 29 septembre 2012
Lire "Balkans" pour comprendre la Syrie! (interview de Slobodan Despot)
Libellés : Xenia
mercredi 20 juin 2012
Ma bibliothèque idéale
Petite conférence, lecture d'extraits, et surtout, explication: pourquoi il est vital, surtout en des temps d'inculture, de se constituer un arsenal littéraire intime!Voir:
http://www.saillon.ch/commune/calendrier.aspx?param=2769
http://www.saillon.ch/commune/educationjeunesse/bibliothèque-communale.aspxPage du livre:
http://www.valaismystique.ch/Saillon est le plus beau, le plus authentique et le plus accueillant des villages médiévaux. C'est là que je vis. Tous les amateurs de lecture y sont les bienvenus!
Libellés : Xenia
lundi 18 juin 2012
Radio: présentation de "Balkans, un éclatement programmé"
vendredi 25 mai 2012
Invitation Xenia : Vernissage "La révolte des muets"
Nicolas Cacheux
LA RÉVOLTE DES MUETS
Merci de bien vouloir confirmer votre présence : info@editions-xenia.com, 027 327 52 67.
Libellés : Xenia
lundi 30 janvier 2012
Les coulisses de Xenia: les morts parlent enfin (sur l'affaire Luca)
y a-t-il une chance pour que Luca Mongelli soit enfin reconnu vivant, et non congelé dans la neige depuis dix ans?
Lecture de "Canines" et commentaire sur les derniers événements.
mardi 24 janvier 2012
Les coulisses de Xenia: Pardon, Luca ! - YouTube
Depuis quelques semaines, l'affaire Luca Mongelli s'internationalise et prend une ampleur exceptionnelle. La ministre de la justice suisse, Mme Simonetta Sommaruga, interpellée par l'ambassadeur d'Italie, s'est dite choquée par le calvaire de cet enfant.
En prévision de la conférence de presse du Ministère public valaisan et de la manifestation pro-Luca à Sion, le 26 janvier prochain: un résumé de l'affaire Luca Mongelli et prise de position de Slobodan Despot, éditeur du livre.
***
Pour rappel: le roman CANINES de Janus, publié aux éditions Xenia, restitue de manière concise et claire la version officieuse, mais plausible, de cette affaire. Ce roman a contribué à raviver le souvenir du martyre de Luca. Lecture utile, voire nécessaire, pour quiconque veut se faire une idée équilibrée de l'enjeu.
En attente d'accréditation pour la conférence de presse, l'éditeur de CANINES sera présent jeudi matin devant le Ministère public, rue des Vergers 9 à Sion.
***Liens***
Page du livre:
http://www.editions-xenia.com/livres/canines/
Chronique de Slobodan Despot parue dans *Le Nouvelliste* le 22 décembre 2011:
http://despotica.blogspot.com/2011/12/peanuts-la-suite.html
mardi 28 décembre 2010
Comment osez-vous oser?
Comment osez-vous me dire chers amis! Alors que vous publiez des écrits d'Oskar Freisinger qui est un homme qui ne vague que sur la peur des autres et met en évidence le mal qui est en lui sur le dos d'autre communauté religieuse qu'il ne connait même pas!
Vu que vous soutenez cette personnalité je VOUS PRIERAI DE NE PLUS M'ENVOYER DU COURRIER TANT QUE OSEREZ PUBLIER UN TEL INDIVIDU
Libellés : Balles perdues, Despotica, Echos, Xenia
dimanche 27 juin 2010
La deuxième mort d'Erich Chlomovitch
Ce 29 juin, une vente d'art exceptionnelle va avoir lieu à la galerie Sotheby's de Paris. Elle suit de quelques jours une vente du même fonds effectuée à Londres, où un tableau de Derain a été vendu 19,5 millions d'euros, record pour le peintre et record absolu pour toute l'école des fauves. Le catalogue de lots est intitulé "Trésors du coffre Vollard", il porte en couverture un portrait du grand marchand d'art et les textes qu'il contient rappellent le rôle de premier plan d'Ambroise Vollard dans l'affirmation de l'art moderne.
Le catalogue de la collection
Le seul hic, c'est que le coffre dont il est question n'appartenait pas à Ambroise Vollard ni à ses descendants, mais à un homme dont le catalogue ne mentionne pas le nom. Il était au nom d'Erich Chlomovitch et, jusqu'à preuve du contraire, le contenu d'un coffre de banque appartient à son locataire ou à ses ayants-droit.
Les commentaires de la presse internationale s'étonnent discrètement de ce qu'une affaire aussi complexe, et du reste inélucidée, qu'est le "mystère Chlomovitch" débouche sur un épilogue aussi mercantile et aussi abrupt. Tout le monde en parle, sauf Sotheby's. Erich Chlomovitch n'y figure que via son portrait, dans une série de photographies constituant le lot n° 123, lot attribué à un auteur anonyme et dont les protagonistes ne sont pas nommés. Le cliché du lot 123 dans le catalogue de la vente laisse hors cadre ces photographies.
En somme, c'est comme si le locataire de ce coffre n'avait jamais existé, et comme s'il n'avait jamais détenu ces tableaux. Pourquoi s'est-on efforcé d'effacer cet homme de l'histoire de l'art moderne?
Le lot 123, avec 3 ou 4 portraits d'Erich Chlomovitch
Erich Chlomovitch était un fou de peinture et un martyr de l'art. Né dans une province perdue du royaume de Yougoslavie, ce jeune juif accomplit une trajectoire étonnante avant de disparaître dans la tourmente de la IIe guerre mondiale.
De 1935 à la mort de son mentor, il fut le collaborateur et l'homme de confiance du plus illustre marchand d'art français du XXe siècle, Ambroise Vollard, l'homme qui "créa" les impressionnistes et leurs successeurs.
En 1939, au lendemain de la mort de Vollard et à la veille du déclenchement de la guerre, il se retira dans son pays d'origine avec une prodigieuse collection — plus de 400 pièces — recelant des oeuvres-clefs de la peinture moderne, de Toulouse-Lautrec et Cézanne à Rouault, Picasso et Derain. Dès son retour à Belgrade, Chlomovitch voulut offrir son trésor au gouvernement du régent Paul Karageorgevitch. Celui-ci refusa la donation, pour des raisons sans doute politiques. Chlomovitch finit par organiser une exposition historique à Zagreb, à la veille de l'occupation du pays.
Il se réfugia avec ses tableaux et sa famille dans la campagne serbe. Il y fut découvert par les Allemands et déporté. On ne sut plus rien de lui.
Sa mère, Roza Chlomovitch, accomplit la volonté testamentaire de son fils en léguant sa collection au nouvel Etat yougoslave, qui s'engagea à exposer la collection dans un pavillon dédié et à lui offrir, à elle, une pension. Hélas, Roza mourut à son tour en rapportant les œuvres du village où elles avaient été cachées.
La collection maudite finit dans les réserves du Musée national de Belgrade, qui n'eut jamais les moyens, la volonté ou le temps de construire le pavillon adéquat. Les pièces du fonds Chlomovitch furent exposées dans le pays ou apparurent dans des expositions thématiques à l'étranger.
En 1980, quelque 200 autres œuvres de sa collection furent découvertes dans un coffre en déshérence loué à son nom à la Société générale, à Paris. C'est cet ensemble que la France, par une décision de justice, a attribué aux héritiers d'Ambroise Vollard, biffant le passage d'Erich Chlomovitch dans la vie du marchand et de tous les artistes qui l'entouraient.
Or c'est peu dire que la vie, la passion, le foudroyant succès parisien d'Erich Chlomovitch, enfin sa disparition et l'aventure de ses tableaux, méritaient d'être étudiés et connus. Chlomovitch a eu des relations intenses avec les grands artistes de son temps et jouissait de leur confiance. Il faisait preuve d'un remarquable instinct de collectionneur. La fierté avec laquelle il voulut partager son trésor n'est pas une attitude de receleur ni de capteur d'héritage.
Lorsque j'ai traduit et publié, en 2006, la seule esquisse biographique qui lui fut jamais consacrée, Le mystère Chlomovitch de Momo Kapor, j'étais persuadé que le public des amateurs d'art et d'histoire en France serait fasciné par cette redécouverte. Après tout, le trésor tragique du jeune collection juif constitue peut-être le plus important "musée perdu" de l'art du XXe siècle. Il n'en fut rien. Même l'annonce de la vente "Vollard" et des problèmes de succession qu'elle soulève n'a pas contribué à rendre justice à son œuvre, ou du moins à mobiliser les chercheurs. Les médias ne mentionnent pratiquement jamais l'existence d'une biographie de cet énigmatique personnage, même lorsqu'ils y puisent leurs informations.
En 1980, lors d'une première tentative de dispersion, l'Etat yougoslave avait réagi et fait bloquer la vente. Aujourd'hui, son héritière la Serbie, se tait, embarrassée par un "cadeau" qu'elle n'a pas la force de mettre en valeur. Refusant de voir que son inertie face à la mise aux enchères du coffre parisien constitue un véritable feu vert pour ceux qui espèrent résoudre de la même manière la question de la part serbe, de loin la plus précieuse, du "magot".
Pour avoir été ressortissant d'un pays rayé de l'histoire, Erich Chlomovitch n'a même pas le droit, aujourd'hui, aux égards dus à un homme mort en déportation et à son patrimoine. La vente de son coffre, les "blancs" historiques qu'elle implique, montre que dans les hautes sphères de l'art, l'art lui-même ne signifie plus rien. Ne subsiste, pour parler de l'art, qu'un seul critère: celui de l'argent. Face à cette avidité, ni le statut de victime de la Shoah, ni les arrière-plans subtils et précieux de la création et de la circulation des œuvres, ne comptent plus.
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Le livre:
http://www.editions-xenia.com/livres/chlomovitch
Ne pas manquer: l'émission "Sur les Docks" consacrée ce lundi 28 juin au "Monde cruel d'Erich Chlomovitch", par Amaury Chardeau, avec David Laufer, postfacier du livre:
Libellés : Article SD, Chlomovitch, Xenia
dimanche 28 février 2010
La grippe porcine expliquée aux ânes
Stupéfiant, le reportage de TF1: on y voit notamment comment, de mai à l'automne, le site internet de l'OMS modifie la définition de la pandémie pour "coller" aux besoins de la panique H1N1.
Dire que le livre de Bernard Dugué chez Xenia fut le seul, l'automne dernier, à insinuer ce que, désormais, la télé explique preuves à l'appui au grand public: que la "pandémie de la peur" ne fut qu'une grosse opération financière au bénéfice des "pharmas"...
Mais que feront nos confrères avec la montagne d'ouvrages intimidants qu'ils ont essayé de fourguer au public à la dernière rentrée? On imagine d'ici le pilonnage.
A moins que les ouvrages alarmistes sur la grippe porcine se soient mieux vendus que les vaccins?
Le reportage:
TF1, 20h du 17.2.2010.
http://videos.tf1.fr/jt-20h/l-oms-accusee-d-avoir-exagere-l-ampleur-de-la-grippe-a-5697985.html
Le livre:
http://www.editions-xenia.com/livres/grippe/
mardi 16 février 2010
Un magnifique mot de Jean Raspail
Ce n'est pas tous les jours que l'on reçoit un mot comme celui-ci d'un grand écrivain. Il m'a tellement bouleversé que j'ai demandé à Jean Raspail l'autorisation de le publier en préface de la deuxième édition de Valais mystique.
Paris, 30 XI 2009
Cher Slobodan Despot,
Votre “Valais mystique” est magnifique! Je viens seulement de le terminer, car la lecture a été longue: il n'est pas un de vos «itinéraires» que je n'aie relu au moins trois fois d'affilée, le soir, dans mon lit, puis méditant avant le sommeil. Pour vous paraphraser (Locus amœnus), page 92, «s'attarder (en de tels lieux) à une telle lecture, la bouche close et l'âme ouverte, équivaut à une longue prière.»
Je ne prendrais pas la peine de vous écrire s'il s'agissait de compliments fabriqués. Votre livre m'a ému au plus profond de ce qu'il me reste de notre vieille foi et de notre vieille civilisation européenne. Je ne me souviens pas d'avoir lu un ouvrage contemporain d'une telle force et d'une telle hauteur de sentiments et de conviction. C'est sublimement écrit et le cadrage des photos y joue aussi y grand rôle.
Ce “Valais mystique” est le souvenir majeur qui me restera de mon équipée à Lausanne.
Je vous en remercie de tout cœur.
Fraternellement
Jean Raspail
Libellés : Xenia
lundi 30 novembre 2009
"Non aux minarets", affirmation d'une identité suisse – Un livre pour en débattre
Le "oui" à l'interdiction des minarets touche profondément la Suisse. Au-delà des enjeux politiques et économiques, ce scrutin touche aussi l'identité de la Suisse, sa façon de se concevoir et de se construire. Les valeurs suisses qui ont fait la Suisse des bons offices, celles qui ont permis de construire nombre de conventions et d’accords de paix sur son terrain de tolérance sont aujourd’hui remises en question.
Durant trois ans d‘entretiens, Paul Grossrieder, ancien directeur général du CICR et Brigitte Perrin, journaliste, ont débattu sur ce thème et tenté de faire l’inventaire des valeurs qui survivent à la crise d’identité que traverse ce pays depuis une décennie. Ils ont disséqué l’évolution de l’image de la Suisse à l’étranger, les racines religieuses et les ambitions philosophiques de ses citoyens, les espoirs et les craintes économiques, politiques et environnementaux de sa jeunesse. Y a-t-il quelque chose à sauver? La Suisse s’est-elle définitivement repliée sur elle-même? Les jeunes générations croient-elles encore en ces valeurs qui ont fait le succès et la réputation de la Suisse? Autant de questions qui ouvrent le débat, un débat enrichi de documents, de références, mais aussi d’expériences vécues. Des pistes de réflexion pour qui veut se mettre au chevet de ce pays malmené durant cet annus horibilis 2009.
Sous le slogan „La Suisse qui y a cru répond (enfin!) à la Suisse qui doute“, „En retard au paradis, Dialogue autour du génie helvétique“ sera disponible en librairie dès le 4 décembre 2009.
www.enretardauparadis.com
mardi 22 septembre 2009
Le club des poètes proscrits (ou comment peut-on publier HWK?)
Comment, vous osez publier Hans W. Kopp?
Eh oui : ce mercredi 23 septembre, à l’auditorium Krompholz, à Berne, nous lançons en musique et avec cocktail ce bel ouvrage qu’est Création, de Hans W. Kopp, traduit en français par Oskar Freysinger et préfacé par Ted Scapa et Jérôme Rudin.
Avec les noms ci-dessus, nous fera-t-on remarquer, la messe est dite! Votre livre essuiera au mieux un tir de barrage politique, au pire la cuisante gifle de l’indifférence.
Oui, l’auteur de ces poèmes est bien « le » Hans W. Kopp, mari d’Elisabeth, le « redoutable » avocat d’affaire zurichois, destinataire de ce coup de fil indiscret qui aurait, dit-on, mis fin à la carrière de la première conseillère fédérale de l’histoire suisse.
Oui, son traducteur est bien le conseiller national UDC Freysinger, seul candidat à l’Association suisse des auteurs à s’être vu refuser l’admission pour des motifs d’incorrection politique. Oui, ce même Freysinger qui écrit ses romans et nouvelles indifféremment en deux langues nationales et qui a eu la facétie, cet été, de remporter le premier prix du Concours Rilke avec un poème soumis — heureusement pour lui — de manière anonyme.
Et ne parlons pas des préfaciers: si Ted Scapa est un illustre dessinateur de presse alémanique et international, Jérôme Rudin n’est-il pas ce jet-setter dont les frasques ont « définitivement » occulté aux yeux des bien-pensants le fait qu’il est aussi un peintre, et de talent?
Votre Création, me dira-t-on avec la compassion de Tartuffe, ressemble fort à une Arche de Noé des desperados, des bannis et des proscrits!
Oui, je sais tout cela, et je le savais dès l’instant où j’ai accepté de publier ce livre. Ces objections étant prévisibles comme la course des astres, autant les devancer.
Hans Kopp est décédé quelques mois trop tôt pour voir paraître la première traduction d’un de ses livres en français. Je ne l’ai rencontré qu’une fois, en compagnie de sa femme, lors d’une réunion organisée par le regretté Philippe Visson, excellent peintre et grande âme dont le principal souci était la communion des êtres par-delà leurs barrières de lieu, de langue ou d’idées. Le « grand coupable » m’était apparu comme un homme plein d’humour, extrêmement raffiné et d’une immense culture. Plus impressionnant encore était le lien d’amour qui l’unissait à sa femme Elisabeth au terme d’une « cabale » de vingt ans qui avait fait d’eux le couple le plus conspué de Suisse. Lorsqu’on m’a rapporté que HWK était un poète de grand talent et qu’il avait ce privilège si rare pour un poète contemporain d’être suivi par un public nombreux et fidèle, je n’ai pas eu de peine à le croire, et des lectures ultérieures me l’ont du reste confirmé.
(Il est vrai, ceci dit, que le critère de la lisibilité et de la popularité, aux yeux d’une certaine critique littéraire, constituerait plutôt la preuve suffisante d’un total manque de génie...)
Le même Visson, ce juif russo-américain que rien n’exaspérait tant que le spectacle des divisions et des malentendus helvétiques, avait été le « fautif », peu de temps auparavant, de la rencontre Kopp-Freysinger. Ce rapprochement était spontanément dicté par une expérience semblable de l’opprobre politique — même si les raisons, dans leurs deux cas, étaient bien opposées. Il déboucha pourtant sur une amitié essentiellement littéraire, comme en témoigne l’é-change e-pistolaire par e-mails que nous avons reproduit en annexe du livre.
Oskar F et Elisabeth K au "Café fédéral", Berne, août 2009. (Photo SD)
Schöpfung, publié une première fois en 1978 avec des eaux-fortes de Rosemarie Winteler, était un commentaire poétique des sept jours de la création, à raison d’un poème par jour. Epuisé de longue date, c’était devenu un livre culte. On en trouve encore, sur des sites d’enchères, un exemplaire ou deux à des prix faramineux (690 € chez amazon.de, par exemple). La traduction qu’en avait faite Oskar Freysinger, à la fois scrupuleuse et libre (cf. encore les e-mails avec l’auteur), témoignait de cette symbiose rare entre un univers poétique et son interprète, qui ne traduit pas, mais chante une nouvelle fois pour un nouvel auditoire.
Comment aurait-on pu ne pas publier un tel livre?
Eh bien, facilement! Il aurait suffi de s’arrêter aux noms des protagonistes et à la légende noire que les médias de ce pays se sont plu à tisser autour d’eux. S’arrêter pour constater que la « mauvaise réputation » décriée par Georges Brassens n’était pas une vue d’esprit, loin de là, mais qu’elle ne frappait plus en priorité les anarcho-pacifistes. Et que, justifiée ou non, la poisse des auteurs ne manquerait pas de retomber sur l’éditeur...
Peu importe si le départ d’Elisabeth Kopp, avec le recul et les enquêtes menées, ressemble plus à une machination. Peu importe qu’une grande philosophe comme Jeanne Hersch, à l’autorité morale et intellectuelle indiscutée, se soit dérangée pour réhabiliter cette femme (et par conséquent son mari) à l’aide d’un livre collectif. Peu importe si le dossier de l’accusation reste vide: en démissionnant, Elisabeth Kopp a fourni suffisamment de chair à mastiquer à la meute, qui en a fait le feuilleton politique des années 80-90.
Peu importe, d’autre part, si Oskar Freysinger publie des livres dont la tenue pourrait en remontrer à la plupart des membres de l’association officielle des plumitifs qui n’a pas voulu de lui. Peu importe si sa « Schachspirale », un thriller psychologique haletant, ou ses nouvelles absurdes, captivent des milliers de lecteurs et se vendent par le bouche à oreille — contournant la censure médiatique et la frilosité des libraires. Peu importe si ce Till l’Espiègle de la place fédérale a décroché une distinction littéraire de premier plan dès le moment où le concours était anonyme.
Peu importe tout cela: Hans W. Kopp et Oskar Freysinger sont condamnés à être précédés de leur légende noire où qu’ils apparaissent et quoi qu’ils puissent faire, de même que Raimu, en entrant dans un restaurant, se faisait précéder, comme il le disait, par son gros ventre.
En publiant leur livre, je n’espère pas casser cette légende, ni donner des leçons. Je m’efforce de poursuivre un travail d’éditeur même dans ce domaine si délicat: le monde des parias réels de cette société de fausse ouverture et de sévère intolérance. Parias d’idées, parias de destin, soudain mis à l’écart par la chasse inlassable au bouc émissaire.
Un avocat mis sur la touche pour une affaire réelle ou imaginaire de trafic d’influences, ou un homme politique actif au sein d’un parti mal famé, peut-il être écrivain et poète? Si la réponse est « non », c’est que nous sommes victimes d’un terrible obscurcissement de l’esprit. Staline lui-même appréciait les pièces de son opposant réactionnaire Boulgakov et lui accordait une discrète protection.
Si la réponse est « oui », pourquoi ne pourrait-on pas les publier, les lire et les commenter en laissant de côté, pour un instant, la « légende noire » qui n’est jamais qu’une projection de fantasmes collectifs et vagues sur un être humain, afin d’entendre, l’espace d’un instant, ce que cet être lui-même aurait à nous dire? Lui-même, avec ses entrailles et sa voix, et non la marionnette que les médias et la rumeur ont dressée de lui.
L’incident qui s’est produit, le 22 août dernier, lors de la remise du prix Rilke, a montré l’urgence de ce désenclavement des esprits. Des comédiens professionnels loués pour lire au public les oeuvres primées ont refusé de lire le poème d’Oskar Freysinger, couronné du premier prix à l’issue d’un choix anonyme! On peut imaginer des scènes de ce genre dans les premières pages de l’Archipel du Goulag, de Soljénitsyne — et encore, les théâtreux soviétiques y agiraient-ils plutôt par crainte de la police que par conviction « morale ». On ne peut pas les imaginer dans une société libre.
Or, en Suisse, ce n’est pas l’obscurantisme réel, objectif, prouvé par le geste, de la troupe « Opale » qui est stigmatisé. C’est l’obscurantisme théorique d’un Freysinger, dont on décrète la littérature imbuvable tout en se refusant à la lire, et dissuadant les autres de le faire.
Parlant de cette affaire voici quelques jours avec une amie dramaturge, pourtant intelligente, pourtant proche, j’ai été abasourdi par le tsunami de haine et de fureur que la personne, les idées et les écrits d’un Oskar Freysinger suscitaient dans certains milieux. Lorsque, ayant demandé par boutade: « Si je comprends bien, afin d’éviter que vous et vos collègues se retrouvent obligés de se salir la bouche en lisant du Freysinger et consorts, il faudrait interdire les concours littéraires anonymes? », je me suis vu répondre un « En effet » aussi inflexible qu’un décret du Comité central, je me suis dit: « il était moins une ». A cette heure-là, Création était déjà sous presse. Qui sait si, avec le progrès de cette mentalité d’inquisiteurs — pareille à un virus en incubation dont les porteurs n’imaginent pas un seul instant la gravité — la publication d’un tel ouvrage serait même possible d’ici quelques années?
A cet instant-là, ce livre aux qualités poétiques indiscutables a pris, même pour moi, une nouvelle dimension: celle d’un véritable manifeste pour la liberté d’expression et la liberté d’écoute de la parole poétique, d’où qu’elle provienne. Et il le sera non par l’intention de ses auteurs et éditeurs, mais par la vase d’aveuglement et de sottise qu’il ne manquera pas de remuer.
PS Le titre est emprunté à un bel éditorial du Bund.
mardi 19 mai 2009
L’adieu au monde livre
Notes sur l’évolution de l’e-book
(Publiées à l’état de brouillon à cause de la curiosité massive suscitée par l’annonce du portage du catalogue Xenia vers l’e-book, en collaboration avec les éditions Arbre d’Or)
Je contemple une pub pour le e-reader de Sony parue dans Vanity Fair en décembre 2008. L’objet est déjà ringard, avec ses innombrables boutons. En six mois, l’écran tactile est devenu un must...
L’e-book en est, selon les spécialistes, au stade de l’internet des premières années. Maladroit, limité en fonctions, lent. Il va progresser, et vite.
Mais la nausée me saisit à l’idée de refinancer l’évolution de ce nouvel outil comme j’ai financé, une fois par an ou tous les deux ans, l’évolution de la micro-informatique.
Si je pourrais encore utiliser un Macintosh SE de 1986, à cause de son dépouillement et de sa fiabilité, toutes les générations intermédiaires, jusques et y compris l’iMac en couleurs, sont bonnes pour la casse. Il en ira de même de l’eBook: à peine acheté le modèle dernier cri, que nous serons appâtés par le prochain: l’écran souple remplacera l’écran dur: indispensable, j’achète! L’écran tactile rendra les boutons obsolètes: c’est évident, j’achète! L’affichage à l’encre électronique passera du noir-blanc à la couleur: comment y résister? Je prends.
Il est clair que le budget hardware dépassera le plus souvent le budget livres. Pour parler comme grand-papa: on dépensera plus en lorgnons qu’en lectures.
Un livre est bien plus que du texte
Des spécialistes ont judicieusement relevé l’ennui et la mélancolie que dégage cette alliance entre la surabondance de choix et l’extrême pauvreté de la mise en forme dans les e-books. Un livre est aussi un miroir de page, une typographie, une texture de papier.
On n’imprime pas dans le domaine français de la fiction avec des caractères bâtons. En principe. Mais on le fait en Allemagne.
A l’heure actuelle, le choix en matière de polices installées est très maigre dans l’e-book. On peut toujours lire du pdf, me dira-t-on. Oui. Mais sans doute pourra-t-on un jour télécharger les polices et signes spéciaux qui vont avec un livre, en même temps qu’on en téléchargera le contenu. Raison supplémentaire pour changer d’appareil.
…Et tout ça, encore, n’aura d’autre but que d’imiter le plus fidèlement possible le livre papier. Quelqu’un trouvera moyen de « corner » symbolique ment des pages, de les « annoter au crayon » comme on peut déjà le faire dans Acrobat Pro. On imitera les textures du papier, pourquoi pas les imprécisions de l’impression (comme on ajoute à la musique sur CD le grésillement du 33 tours).
Vers la bifurcation
Mais pourquoi s’arrêter là? Sitôt que la technologie sera suffisamment mûre, et en suivant la logique inflationniste-dégénérative de la micro-informatique depuis qu’elle existe, on « améliorera » l’e-book, tant l’objet matériel que le système logiciel, jusqu’à un point de rupture où le « livre » électronique cessera d’être une métaphore servile du livre papier. Pourquoi se priver des annotations vocales? Pourquoi les livres illustrés pour la jeunesse ne comporteraient-ils pas des images animées en flash au lieu des traditionnelles images fixes? Pourquoi ne pas écrire des romans interactifs, à la manière des jeux de rôle, où le lecteur composera lui-même son histoire à chaque nouvelle bifurcation du récit? Et rien de plus facile que de truffer le texte de renvois didactiques vers des bases de données sur le web.
Un lecteur e-book et rien d’autre? A quoi bon?
Cette évolution du contenu s’accompagnera nécessairement d’une évolution de la machine. Ainsi, Amazon vient de présenter la version « XL » de son lecteur propriétaire, le Kindle. Il est vaste, certes, mais justement: est-ce la peine de traîner dans son sac une tablette (et son alimentation!), si cette tablette ne sert « que » à lire des livres? Pour le même poids, et un prix semblable, ne pourrait-on en faire un gros téléphone, un centre de communication, avec une métaphore de clavier au bas de l’écran? Voire avec un clavier matériel, rabattable?
Certains murmurent que le « netbook » d’Apple serait justement un iPhone géant, que l’on pourrait coupler avec un clavier plat pour en faire un véritable ordinateur ultraportable. L’iphone peut déjà lire des e-books, et guère plus mal qu’un appareil dédié (via l’application Stanza). Si Apple décidait d’en faire une tablette comparable au Kindle, celui-ci serait aussitôt rangé au rayon des curiosités informatiques. Du coup, les fabriquants de e-readers dédiés se sentiraient totalement ringards et s’efforceraient de se mettre au niveau de l’offre...
Bref: l’eBook va évoluer, tant comme objet que comme programme et système. Cette évolution se répercutera nécessairement sur son contenu et incitera l’eBook a s’affranchir de sa métaphore « livre papier » pour devenir un produit à part.
Et alors?
Alors, c’est simple: soit l’ensemble de la culture de masse aura basculé vers le livre électronique comme la photo a viré du film au numérique. Soit elle n’aura pas basculé en masse, et le marché du livre papier sera en partie sauvé, quoiqu’ébréché. Et nous verrons en parallèle une forme de publication « électronique » avec ses règles de composition et de mise en page propres — et une forme de publication « papier » qui préservera le livre dans sa forme d’avant la révolution informatique.
Quoi qu’il en soit, le coût de l’évolution de l’ebook sera élevé, et on le fera évidemment endosser au consommateur. Cela fera des milliards en moins pour l’achat de livres, et des millions d’heures soustraites au précieux temps de lecture par les tracas de mises à jour, de comparatifs, de classements, de recharges et de dépannages.
C’est donc ici que se situe le coeur du débat: qui s’efforce encore de faciliter et de propager la lecture en soi? Qui s’occupe des contenus qui seront colportés par les livres? L’effervescence médiatique est beaucoup plus grande aujourd’hui lorsqu’un éditeur annonce qu’il va passer à l’ebook (n’importe le contenu), que lorsqu’il présente un contenu novateur. Les moyens auront complètement dévoré les fins.
Deux supports, deux humanités
Un livre matériel (papier, papyrus, parchemin...) est d’un abord immédiat. N’allons pas jusqu’aux manuscrits de la Mer Morte: une Bible copiée au XIIIe s. nous est parfaitement accessible, moyennant connaissance d’une langue et d’un alphabet. Les prérequis sont strictement intellectuels, immatériels. Un livre électronique, c’est d’abord un appareil de lecture, accessible à une partie seulement de l’humanité (et s’il devait se « démocratiser », quelle pollution!). C’est un système d’exploitation. C’est une batterie (avez-vous la bonne prise, le bon chargeur?). Que d’obstacles: le texte ne peut se matérialiser sans un énorme appareillage électronique. Le lecteur du livre papier est, à la rigueur, un être humain instruit et nu. Le lecteur de l’e-book est un être déjà totalement assisté par la technologie et accaparé par elle. Ce sont deux humanités différentes. Ecrira-t-on pour la deuxième comme l’on écrivait pour la première?
Baudoin de Bodinat note: nous voici déjà incapables — faute de la patience de nos ancêtres — de véritablement entrer dans les classiques de notre propre littérature. L’environnement électronique devenu obligatoire n’aidera pas à nous détendre.
Pourquoi Xenia?
1. Il y a de la demande pour nos livres aux quatre coins du monde, et la distribution mondiale est trop chère. L’e-book satisfera-t-il ces lecteurs, ou préfèreront-ils payer 50% de port et attendre 3-5 semaines?
2. Si l’on fait toujours la part des moyens et des fins, aucun moyen n’est mauvais en soi.
3. Je songe au morceau de bravoure de ce présentateur conservateur américain des premières années de la TV. Exhibant un 45 tours comme une hostie, il s’écria: « Jamais le rock and roll ne passera sur cette chaîne ! » Et crac! voici le pauvre disque brisé en deux.
Cette morgue intransigeante a quelque chose de pathétique et de profondément ridicule. Si nous croyons que les livres forment et canalisent encore l’humanité, nous sommes des idiots prétentieux.
samedi 11 octobre 2008
Les faux ennemis publics et le vrai
Coïncidence amusante: au moment où j’annonce la publication des écrits complets de Theodore Kaczynski, l’ennemi public n° 1 de la société industrielle, Sandra Jean me propose de commenter au « Grand 8 », à la Radio Suisse Romande, l’échange de correspondances entre Houellebecq et BHL, Ennemis publics!
Le contraste ne pouvait être plus abrupt! D’un côté, un homme seul qui a terrorisé l’Amérique pendant 16 avec ses colis piégés et meurtriers. Et ce, à cause de ses idées sur le progrès.
De l’autre, deux brasseurs d’idées millionnaires, suivis de la rumeur médiatique comme d’une traîne de mariée, qui s’envoient par e-mail des anticompliments narcissiques.
«Ma chère, je suis tout de même plus détestée que vous! Voyez donc mes déclarations insultantes.
— Fi, ma chère! Et mon film alors?»
On ne peut pas tout dire dans ces 20 minutes. Sinon qu’il s’agit de la parfaite orchestration d’opposition et de contestation que le système adore offrir à ses sujets.
La mise en scène très exacte qu’Unabomber appelle «the System’s neatest trick».
http://g8.rsr.ch/?p=338
Libellés : Balles perdues, Xenia
jeudi 8 mai 2008
lundi 12 mars 2007
Jean-Gilles Malliarakis sur L’Eglise latine et le protestantisme de Khomiakov
« Sa lecture m'a confirmé dans la sympathie éprouvée de toujours pour ce courant d'idées né en Russie au XIXe siècle, non pas "contre l'occident", mais contre "l'occidentalisme" outré de la couche dirigeante étatique prérévolutionnaire. Mieux encore ce sentiment constant, imprégné sans doute de l'influence de Dostoïevski, de Gogol ou de Berdaïeff s'est transformé en admiration positive. J'expliquerai donc librement pourquoi, quitte à contrarier les admirateurs de Huntington et de Brzerzinski.
J'ose affirmer d'ailleurs qu'un telle conviction va dans le sens des identités, des libertés et des racines chrétiennes de l'Europe. »
http://www.insolent.fr/international/index.html
26 janvier 2007
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vendredi 13 octobre 2006
Un mot de Freddy Buache sur Chlomovitch
Reçu hier un carton:
9.X.06
Cher Slobodan,
Le livre sur le Mystère Chlomovitch, je viens de le lire d'un coup pour ce qu'il est: une aventure policière exactement construite, magistralement organisée et surtout, pleine de choses vaguement connues et finalement demeurées ignorées dans un domaine arpenté par la culture. Que de noms inconnus parmi cet univers peuplé de fantômes.
C'est un excellent travail et je vous félicite de l'avoir bâti si bien au fil de l'auteur, Momo Kapor.
Je regrette de ne pas me rendre à Vevey, mais je vous souhaite beaucoup de succès.
Et merci de votre envoi. ./.
Dans un autre domaine, je pense que vous verrez La liste de Carla, car c'est tout le contraire: rien n'est dit à part les bureaux, les avions, le blabla sur un domaine manifestement faux que vous connaissez mieux que moi.
Très cordialement
et encore
merci
FB
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