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dimanche 27 février 2011

Comment on a volé le Kosovo

La vraie histoire de la "libération" du Kosovo retracée dans un documentaire minutieux de la TV tchèque... qui fut interdit d'antenne!

jeudi 27 janvier 2011

Indignons-nous!

Je n'avais pas même eu le temps de jalouser l'obscur éditeur du pamphlet de Stéphane Hessel qu'il avait dépassé le million de ventes.
J'avais à peine eu le temps de me demander quel était son secret que je l'ai (en partie) compris en apercevant l'ouvrage sur les rayons de la FNAC: son épaisseur! Ce n'est pas même un livre! Une brochure piquée dans le pli, à peine une heure de lecture...
En une heure et pour quelques sous, M. Hessel nous offre donc la possibilité de prendre part à la grande vague de l'indignation générale.
Indignation n'étant pas insurrection - loin de là - ce joli cahier contribue, qui plus est, à maintenir l'ordre paradoxal (pseudo-anarchique) où nous vivons.
Que demande le peuple?

vendredi 21 janvier 2011

Mitterrand retire Céline des célébrations nationales

...ou: le mille-pattes barre la voie au loup! Le plus bruyant hommage que le gélatineux Frédéric Mitterrand pouvait rendre au plus grand écrivain français du XXe siècle: le censurer! Comme Ovide exilé par Auguste, Lorca fusillé et interdit par les franquistes, Tchossitch bâillonné par Tito, il gagne l'immortalité à cause de l'obscurantisme d'autrui, et non pour la qualité de son œuvre. Equivoque consécration...

lundi 10 janvier 2011

Auto-test

J’adore feuilleter les vieux journaux. Ils nous rappellent nos sacro-saintes vérités d’hier et la brièveté de leur règne. C’est ainsi que j’ai dévoré l’autre jour le test de la Renault 15 GTL paru en 1976 dans un magazine populaire. 
Pour essayer ce coupé anguleux, deux journalistes s’étaient offert une virée jusqu’à Madrid et retour: 3200 km de routes, d’autoroutes, mais aussi de petits bistrots, de galeries et de musées. Les veinards, se diraient leurs collègues d’aujourd’hui, réduits à de succincts et pédants comptes rendus techniques. 

Mais daigneraient-ils même s’asseoir dans cette barquette brinquebalante? Le modèle essayé souffrait, entre autres, d’une voie d’eau et ses vitres vibraient à vous assourdir dans les hautes vitesses. Qui, ceci dit, n’étaient pas si hautes que ça, puisque nos pilotes n’avaient jamais réussi, malgré leurs efforts, à atteindre les 170 km/h vantés par le constructeur. C’était sans doute heureux, car le freinage ne semblait pas excessivement fiable. La Régie ayant oublié de prévoir un plafonnier, la lecture des cartes à la lumière de la boîte à gants ressemblait à un rite clandestin, tandis que l’accès aux sièges tenait du yoga. Néanmoins, l’engin ne manquait pas de confort, grâce, notamment, au généreux cendrier central placé entre les deux baquets arrière… 
Ayant signalé ces quelques menus défauts, les testeurs se disaient enchantés de ce bolide de 90 ch qui les avait bravement ramenés au port. La voiture, à leurs yeux, restait avant tout un moyen de transport, non une prouesse scientifique adulée en soi.
Je croyais rêver. Tabagisme, excès de vitesse, bombance, digressions sans rapport avec le sujet… Ces journalistes travaillent peut-être encore. Or, de nos jours, un article comme celui-là leur vaudrait le renvoi. Sans parler de l’engin. Le successeur de ce coupé sport a un cendrier en option et le double de puissance. Mais celui qui l’embarquerait pour une virée à Madrid dans les mêmes conditions finirait au trou. La cavalerie, ça en jette, mais ça ne sert plus à rien.
L’espace d’un instant, je les ai enviés, eux et leur casserole. Leur équipée polluante avait le parfum des grandes plaines et de la liberté. Comment avons-nous fait, en une génération, pour faire du monde dit libre cet hospice sécuritaire peuplé d’hypocondriaques?

(Chronique du Nouvelliste, 9 novembre 2010.)

mardi 28 décembre 2010

Comment osez-vous oser?

Suite aux vœux de Nouvel An des éditions Xenia, une correspondante nous adresse un message écumant:

Comment osez-vous me dire chers amis! Alors que vous publiez des écrits d'Oskar Freisinger qui est un homme qui ne vague que sur la peur des autres et met en évidence le mal qui est en lui sur le dos d'autre communauté religieuse qu'il ne connait même pas!
Vu que vous soutenez cette personnalité je VOUS PRIERAI DE NE PLUS M'ENVOYER DU COURRIER TANT QUE OSEREZ PUBLIER UN TEL INDIVIDU 

Ce n'est pas — de loin — la première harangue à majuscules que nous recevons. Celle-ci m'a pourtant semblé toucher à un principe important qui va bien au-delà de notre politique éditoriale et de la réputation sulfureuse de l'auteur qui nous a valu cette réaction. D'où la nécessité d'une réponse:

Madame, 

Nous respecterons bien entendu votre souhait et vous supprimerons de notre liste d'adresses. Je me permets cependant de répondre à votre colère.

J'ai beaucoup d'amis dont je ne partage pas les convictions... et qui sont quand même des amis.
J'ai publié des poèmes d'Oskar Freysinger qui ne parlent ni de peur, ni de politique, ni de religion.
La mission d'un éditeur est précisément ce que vous me reprochez: OSER. Oser, pour que le public découvrir autre chose que des idées reçues diffusées par les grands médias.

J'ose publier Freysinger comme j'ai été le seul éditeur francophone à oser publier "Comment le Djihad est arrivé en Europe" de Jürgen Elsässer, une enquête qui montre que le spectre du terrorisme islamique est essentiellement un montage des services et des médias occidentaux. Comme j'ai publié "La véritable histoire de Gayoum Ben Tell" de Rafik Ben Salah, un détournement humoristique et orientalisant du mythe de Guillaume Tell, pour lequel on m'en a voulu en Suisse.

Vous pouvez détester un personnage politique sur la base des résumés malveillants qui sont faits de ses idées par ses adversaires. Vous pouvez désapprouver à titre personnel telle ou telle publication d'un éditeur. Mais vous ne pouvez nous reprocher d'OSER. Si plus personne n'ose dire et publier des choses qui déplaisent, nous tomberons définitivement dans une société totalitaire.

Je vous souhaite une bonne année!

Slobodan Despot
Directeur des éditions Xenia

lundi 20 décembre 2010

Pour une fois, on ne m'a pas consulté sur le Kosovo

Les médias ont leurs habitudes. Ainsi, pour la radio suisse romande et certaines rédactions de presse, j'étais devenu, depuis une quinzaine d'années, le "Serbe de service". On m'interrogeait sur Vukovar, Srebrenica, le bombardement de 99... et même sur des sujets moins lugubres, tels que la relance économique en Serbie ou la coupe Davis...
Lorsque Dick Marty a rendu public son rapport sur le trafic d'organes au Kosovo, je me suis demandé si le téléphone sonnerait. Et... non.
Aucune rédaction, cette fois-ci, n'a consulté le "Serbe de service" sur cet événement de taille. Tant mieux: qu'aurais-je eu à rajouter aux épouvantables détails recensés par l'enquêteur suisse, ou aux interrogations des journalistes eux-mêmes, allant jusqu'à se demander si certains Etats n'allaient pas revenir sur leur reconnaissance hâtive de cet Etat mafieux.
Tant mieux. Qu'aurais-je pu dire sans tomber dans l'irrespect sur la visite annulée de Mme Calmy-Rey, la présidente de la Confédération helvétique, au Kosovo "souverain", où elle devait se rendre justement ces jours-ci pour recevoir la récompense de son généreux engagement en faveur de la pleine reconnaissance de cet Etat mafieux dirigé par des criminels notoires?
Qu'aurais-je pu ajouter à la perplexité déjà considérable des journalistes qui ont trouvé mention de cet ignoble commerce de chair humaine dans les mémoires de Mme del Ponte, alors procureur du TPI, et qui comprennent maintenant que cette magistrate a non seulement refusé d'instruire le cas, mais encore autorisé la destruction des preuves? Peut-être était-ce l'occasion de rappeler que la même Carla del Ponte a enterré de la même manière un dossier encore plus grave: le recensement de quelque 3200 civils serbes massacrés aux alentours de Srebrenica, de 1992 à 1995, par les hommes de Naser Orić. Préférant à cette documentation circonstanciée la liste arbitraire des "Huit mille musulmans tués" constituée par le HCR sur la base de déclarations non vérifiées recueillies après les faits auprès d'une des parties en guerre (liste qui convoque, notamment, des centaines de musulmans morts et enterrés dans les cimetières de la région bien avant la prise de Srebrenica).
Et aurais-je eu besoin de souligner les remises en question que cette affaire entraîne concernant le traitement global de la crise yougoslave par les Occidentaux, qui ont œuvré à ceinturer la Serbie de micro-Etats bananiers dirigés par une véritable galerie de rebuts de l'humanité: le révisionniste Tudjman en Croatie, le fondamentaliste islamique Izetbegović en Bosnie, le trafiquant de cigarettes Djukanović au Monténégro, enfin le revendeur de drogue et de viande humaine — vivante et morte — Hashim Thaçi au Kosovo?
Tous ces épouvantails étaient plus que des alliés: des amis de l'Occident! De grands chefs d'Etat! Des visionnaires! Qu'on finançait, protégeait, armait, habillait, défendait, tout comme le hamster débile et couard qu'on a envoyé gouverner la Géorgie ou les gangsters "oranges" qu'on avait mandatés — sans succès — pour arrimer l'Ukraine à l'OTAN.



Tout compte fait, si l'on m'avait consulté cette fois-ci sur l'actualité ex-yougoslave, je n'aurais eu qu'un conseil à donner: qu'on retire soigneusement de la circulation toutes les photos montrant M. Kouchner, les généraux otaniens, le très-peu-regretté Richard Holbrooke et Mme Calmy-Rey bras dessus-bras dessous avec leurs héros kosovars de l'UÇK. Afin d'éviter que le bon peuple d'ici ne vienne à invoquer un vieil adage qui n'a jamais menti: Qui se ressemble s'assemble...

mercredi 4 mars 2009

Le Traité de Lisbonne restaure la peine de mort... en bas de page

Saviez-vous que le Traité de Lisbonne réintroduisait la peine de mort en Europe?
Non?
Et pourtant si! Mais seulement en cas de "guerres, désordres ou soulèvements".
Or, pour découvrir cette brèche capitale dans l'irénique droit européen, il faut au moins être juriste et avoir la patience de lire la note d'une note de bas de page!

Rien à battre, me direz-vous? 

Et que direz-vous le jour où votre grève légitime, ou votre manifestation anti-G8 sera étiquetée "soulèvement"?

Pour comprendre comment cela est fait:
http://thejournal.parker-joseph.co.uk/blog/_archives/2008/4/13/3636677.html

vendredi 27 février 2009

Cachez donc ces organes que nous ne saurions voir

Le 23 février 2009, le Procureur pour les crimes de guerre de la République de Serbie a positivement identifié 8 membres de l'UÇK qui s'étaient fait prendre en photo avec leurs victimes — des Serbes du Kosovo-Métochie — enlevés durant et après l'attaque de l'OTAN. Avant de les abattre ou de les abandonner dans une agonie atroce, on a prélevé les organes de ces gens à des fins commerciales.

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Il n'est pas difficile d'imaginer le tollé qu'une telle nouvelle aurait provoqué dans les médias d'Occident si les noms avaient été inversés (victimes albanaises et criminels serbes). Les choses étant ce qu'elles sont, l'ensemble des médias occidentaux gardent sur cette affaire un silence de mort.

Ces crimes étaient connus, par ailleurs, du TPI. Pourquoi son fameux procureur, Carla del Ponte, ne les a-t-elle évoqués qu'après coup dans son livre de souvenirs (paru uniquement en italien), et pas ès-fonctions?
Pourquoi le Département des affaires étrangères helvétique (elle est actuellement ambassadeur de Suisse en Argentine) lui a-t-elle interdit de faire la promotion de son livre?
Alors que l'officialité et les médias suisses n'ont cessé d'encenser le travail au TPI de cette magistrate, à laquelle on a même consacré un film flagorneur ("La liste de Carla"), pourquoi personne ne s'est-il insurgé contre la censure qui la frappait?
Pourquoi?
Pourquoi?
Pourquoi?
Si l'on commençait seulement à répondre à ces pourquoi, la place des juges et des accusés, au TPI, risqueraient de se trouver inversées. Mais qui voudrait porter ces perruques de théâtre et ces capes rouges de vampire?
Laissons donc les choses comme elles sont. Que les perruques, les capes et leurs laptops continuent de croire qu'ils sont la justice. Que resterait-il de l'édifice humanitaro-militaire occidental si les perruques tombaient?

Lire:
Kosovo Albanian Butchers Posed with Their Mutilated Victims

mercredi 15 octobre 2008

Le chant des perroquets occidentaux

Une amie me signale un document à méditer.
Deux séquences vidéo en parallèle: d'Australie au Canada, à deux jours d'écart, le même plaidoyer, MOT POUR MOT, de deux ministres en faveur de la guerre en Irak (mars 2003).
Une image saisissante du pluralisme occidental.
Mais qui donc leur fournit le texte, à ces perroquets sanglants? A qui rendent-ils des comptes? Sans doute pas à ceux qui ont cru les élire...

De : Johnstone Diana <diana.josto@yahoo.fr>

An amazing video that is a MUST see, particularly if you live in the enlightened "west."
 http://www.brasschecktv.com/page/439.html 



samedi 11 octobre 2008

Les faux ennemis publics et le vrai

Coïncidence amusante: au moment où j’annonce la publication des écrits complets de Theodore Kaczynski, l’ennemi public n° 1 de la société industrielle, Sandra Jean me propose de commenter au « Grand 8 », à la Radio Suisse Romande, l’échange de correspondances entre Houellebecq et BHL, Ennemis publics!
Le contraste ne pouvait être plus abrupt! D’un côté, un homme seul qui a terrorisé l’Amérique pendant 16 avec ses colis piégés et meurtriers. Et ce, à cause de ses idées sur le progrès.
De l’autre, deux brasseurs d’idées millionnaires, suivis de la rumeur médiatique comme d’une traîne de mariée, qui s’envoient par e-mail des anticompliments narcissiques.
«Ma chère, je suis tout de même plus détestée que vous! Voyez donc mes déclarations insultantes.
— Fi, ma chère! Et mon film alors?»
On ne peut pas tout dire dans ces 20 minutes. Sinon qu’il s’agit de la parfaite orchestration d’opposition et de contestation que le système adore offrir à ses sujets.
La mise en scène très exacte qu’Unabomber appelle «the System’s neatest trick».

http://g8.rsr.ch/?p=338

mardi 26 août 2008

Le dialogue, base de la politique étrangère suisse?

Exposant son credo en matière de politique étrangère suisse ce lundi, Micheline Calmy-Rey a livré, selon les comptes rendus, un «vibrant plaidoyer pour le dialogue», prônant concrètement la prise en compte de partenaires considérés comme «infréquentables» par les autres pays occidentaux: Hezbollah, FARC ou rebelles tamouls.
Autant pour les principes. Voyons maintenant l’exécution (je cite la RSR):
««Nous sommes bons dans les phases initiales, mais moins bons dans la conclusion», a reconnu la cheffe du DFAE.»
Enfin, les finalités:
«La politique de dialogue en politique étrangère sert directement les intérêts de la Suisse, selon la conseillère fédérale.»
L’événement historique survenu aujourd’hui jette un voile d’ironie sardonique sur cette profession de foi.
Sans hésitations ni scrupules, la Russie vient de reconnaître l’indépendance des deux régions séparatistes de Géorgie, qui n’ont même pas le début des attributs d’un Etat.
Elle rend la monnaie de sa pièce à l’Occident, qui a reconnu le mafialand du Kosovo, si chaotique qu’il est entièrement quadrillé par les forces de l’OTAN.
Et pourquoi ne reconnaîtrait-elle pas, dans la foulée, la Transdniestrie, qui affiche bien plus d’attributs de souveraineté que la plate-forme américaine détachée du sud de la Serbie?
La grimace répond à la caricature. On voit d’ici l’enchaînement des dominos dans toutes les régions disputées du monde. Les puissances y trouveront toujours quelque village gaulois à défendre…
La guerre nucléaire frontale étant trop coûteuse, il est probable que ces immixtions «humanitaires» invoquant le «rétablissement de la paix» seront le modèle des conflits à venir, brefs et localisés, mais d’une brutalité croissante. Le genre de rixes sanglantes et cruelles qui inspireront, peut-être, un nouveau Dunant pour un nouveau «Souvenir de Solferino»...

Or, les historiens relèveront sans nul doute la responsabilité de la diplomatie suisse et de Mme Calmy-Rey en personne dans cette course au chaos initiée avec le démantèlement yougoslave des années 1990, mais que la reconnaissance du Kosovo par les Occidentaux — Suisse en tête — en 2008 a promue au rang de jurisprudence planétaire.
Mme Calmy-Rey, qui prône aujourd’hui le dialogue même avec des mouvements terroristes, a fourni dans l’affaire du Kosovo un rare exemple d’autisme, d’entêtement et de fermeture d’esprit. Dans sa campagne pour la fragmentation des Balkans, elle n’a fait aucun cas des admonestations et des suppliques, tant intérieures qu’extérieures. Les arguments de la Serbie, fondés sur le droit international, elle n’a même pas pris la peine de les examiner.
Même indifférence face aux mises en garde méticuleuses, lourdes d’arrière-pensées, de la Russie, sur la signification de ce précédent.
C’est là qu’à la morgue s’est ajoutée la sottise. Snober la petite Serbie, d’accord. Mais insulter la Russie, immense, gazeuse, pétrolifique et nucléaire? On discute avec le Hezbollah, avec la guérilla sud-américaine… mais on claque la porte à la Russie. Ce membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU était donc plus «infréquentable» que les groupes terroristes les plus infréquentables!

Ces dix dernières années, l’Occident s’est employé à démanteler le droit international, un édifice qu’il a lui-même construit afin d’éviter les cauchemars de la guerre. Dans cette entreprise imprudente, la diplomatie suisse a remporté la palme de l’imprévoyance. Sans profit visible. Sans grâce. Sans vision. Sans but.
L’attitude de ce pays jadis neutre, hôte des organisations internationales, a été attentivement observée et analysée. Mme Calmy-Rey, aveuglée par ses ambitions, a peut-être cru que ces examens cliniques étaient des regards d’admiration.
Après avoir servi de poisson-pilote, dans les Balkans, à la géostratégie américaine, la voilà qui se couvre d’un voile pour amadouer les ennemis d’Oncle Sam. Est-ce cela, être «bons dans les phases initiales, mais moins bons dans la conclusion»?
La reconnaissance du Kosovo a été le «succès» le plus notable de la politique étrangère suisse ces dernières années. Elle aura servi d’ouverture à un retour aux conflits du XIXe siècle. Elle a reposé sur une démarche rigoureusement unilatérale d’où tout «dialogue» réel était écarté. Est-ce cette politique-là qui «sert directement les intérêts de la Suisse»? Non, heureusement, puisque, de cette politique, l’élément du dialogue était rigoureusement absent.


*
Posté ce 26 août comme commentaire d'actualité sur le forum du "Grand 8" de la RSR:
http://g8.rsr.ch/?p=259#comment-93



mercredi 26 mars 2008

Kosovo, le mythe redémarre

Sur youtube, un vidéoclip enregistré par quatre vedettes de la variété serbe.
http://www.youtube.com/watch?v=tsN0lA-I2_g
On y voit des clichés idylliques de monastères et de villages, entrecoupés d’images de destruction. Les paroles, mystiques, parlent d’espérance, de sacrifice, de présence divine sur ce champ “dressé vers le ciel”.
Il faut être un autiste darwino-marxiste occidental pour penser que ce bout de terre puisse être simplement confisqué ou acheté. Le rapt ratifié depuis février par 40 Etats est pire qu’une violation du droit international: une offense propre à souder cette nation chaotique comme un seul homme. Exactement comme la provocation de Sarajevo, en 1914. Les progressistes ne savent pas lire l’histoire.

vendredi 22 février 2008

L'incendie du château

Ainsi donc, l’ambassade des Etats-Unis brûle à Belgrade.
Cela ne lui était même pas arrivé lors des bombardements de 1999.
Immédiatement, l’ambassadeur américain aux Nations-Unies, l’inénarrable Khalilzad, s’est plaint de ce vandalisme au Conseil de sécurité.
Un Conseil de sécurité dont il se moque par ailleurs éperdument.
La violence de la rue répond à la violence des chancelleries. C’est idiot. Seule la première est poursuivie.

Cela dit, on a comme l’impression que les petites affaires serbes, une fois de plus, ouvrent de grandes plaies mondiales. Chavez ne reconnaîtra pas le Kosovo; la Géorgie «félicite» la Russie haïe pour son attitude de principe en la matière. L’Espagne a ses raisons de ne pas... La Chine, le Vietnam et qui sait quels ex-non-alignés font par principe le contraire de Washington.
Mais qui fut le premier, entre tous, à congratuler le Kosovo «indépendant»? Sans doute par une erreur de timing protocolaire, le tout aussi «indépendant» gouvernement afghan, dont le président Karzaï, affublé d’habits que nul ne porta jamais dans ce pays, arrivé dans les camions de l’occupant, se fait promener de planque en bunker par les mêmes camions pour survivre une semaine ou deux de plus...
Le joli présage que voilà.
La folle époque qui va suivre.
Aurons-nous enfin la chance de n’être que spectateurs?


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dimanche 6 janvier 2008

De l'art officiel


Je reçois chaque année, de tel ministre, une grande carte de voeux. Honneur bien modeste au demeurant: l’adresse du destinataire est collée, la signature imprimée.

Le ministre en question, qui s’était illustré à ses débuts par ses déclarations hardies et sensées sur les abus de l’art officiel, aussi conceptuel qu’impopulaire, a fini par apprendre les manières. Cette année, sa carte ne figure qu’une sommaire calligraphie, où les trois premiers chiffres du millésime sont droits et en noir, tandis que le quatrième, le 8, a basculé à l’horizontale et viré au rouge.

A l’intérieur, un bref message nous justifie la mise en scène: 
«Une nouvelle année, c’est l’occasion d’entreprendre du neuf.
C’est ainsi qu’un 8 se transforme en signe de l’infini. 
L’avenir appartient à qui ne regarde pas seulement en arrière.»

Pour concevoir une mise en page aussi exigeante, il aura fallu toute l’imagination d’un jeune artiste-designer, dûment crédité au dos de la carte...
Sobriété ostentatoire, calembour visuel autour d’un poncif des plus éculés ( 8 -> ∞), le tout enrobant une platitude digne des avant-gardistes de province chers à Flaubert. Notre ministre, tout provincial qu’il est, a bien compris la leçon: contrôler ses émissions de sens comme si c’était un polluant, demeurer aussi lisse et insignifiant que possible — et recouvrir ce vide du voile complaisant du design. Comment dès lors ne pas reconnaître l’utilité, la nécessité même, du vacuum infini de l’art conceptuel?




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jeudi 24 mai 2007

De la nécessaire convergence des systèmes


Je lis sur la BBC que les policiers allemands sont en train de réactiver une bonne vieille technique de la Stasi: le repérage de suspects par des chiens entraînés à pister leur odeur corporelle...
Il s'agit de "suivre les éventuels protestataires violents lors du sommet du G8 en juin".
Malgré des oppositions dignes ("Un Etat qui adopte les méthodes de la Stasi est-allemande se prive de toute légitimité", selon l'oppositionniste Petra Pau), il est certain que le procédé sera mis en route.
C'est, d'abord, un "outil utile", comme l'a finement signalé le ministre de l'Intérieur Schäuble. Or, aujourd'hui, tout "outil utile" est aussi un "outil bon".
C'est ensuite un pas de plus vers la conversion des vieux blocs.
Conversion vers quoi?
Vers le monde transnational régi par les grands trusts (ou le capitalisme d'Etat, ce qui revient au même). Le monde incarné par le G8.
La boucle est ainsi bouclée. A mesure que les citoyens ordinaires sont dépouillés de leurs derniers boucliers face à la violence urbaine, leurs dirigeants développent les techniques de protection (leur protection privée, s'entend). Or, où ces techniques ont-elles mieux marché qu'en RDA? Les renifleurs de la Stasi ont de beaux jours devant eux...


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dimanche 13 mai 2007

La vérité passe par l'Eurovision?


Ah! L'Eurovision! Le salon annuel de la musique prévisible! Le festival du mauvais anglais passe-partout inculqué à d'obscures starlettes turques ou biélorusses!
Eh bien, l'Eurovision, cette année, a été dominée par une fille moche,mais avec de la voix, chantant dans sa langue une chanson pourvue d'une mélodie. Et en plus, elle (la fille, la voix, la chanson, la mélodie) est serbe. Incroyable!
Passons sur le frisson nationaliste pour lire et relire la brève dépêche afp/le Figaro qui rend compte de l'événement :

International
Publié le 13 mai 2007 à 22h41
Belgrade: accueil triomphal à Marija Serifovic

Plus de 20.000 personnes ont offert un accueil triomphal ce soir dans le centre de Belgrade à la jeune Marija Serifovic, 23 ans, qui a remporté la 52e édition de l'Eurovision samedi soir à Helsinki. La foule, qui avait commencé à se réunir en fin d'après-midi sur le plateau devant l'hôtel de ville de Belgrade, était essentiellement composée de jeunes, dont beaucoup portait des T-shirts blancs frappés d'un coeur rouge, symbole de la chanson gagnante "Molitva". C'est une première victoire dans ce concours pour la petite république balkanique, qui a bénéficié du vote de plusieurs pays de l'ex-Yougoslavie.
(Avec AFP).

Oui, on a bien lu: "la petite république balkanique". Et non plus la "quatrième armée au monde", l'Etat impérialiste qui menace tous ses voisins, France comprise, la redoutable puissance militaire dont le matage aura nécessité une coalition de 18 pays riches attaquant à 1000 contre 1...

A ce retour inespéré au réalisme géographique s'ajoute encore une précision stupéfiante: la Serbie a gagné grâce au vote de ses voisins! Ceux-là même qu'elle était censée génocider voici dix ans.

Or, pendant que les voisins votaient pour la Serbie à l'Eurovision, ce même pays se voyait entravé dans son accession à la présidence du Conseil de l'Europe par des "consciences" internationales, telle Carla del Ponte, qui n'ont toujours pas confronté à la réalité des faits leurs divagations des années 90. Et qui n'ont jamais, faut-il le préciser, entendu siffler la moindre balle hostile en provenance du camp serbe...


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jeudi 26 avril 2007

La russophobie, main dans le sac (étude de texte)

Comment, avec quelle constance, quel inconscient esprit de système, l'on monte les populations d'Europe contre les Russes.
Dernier exemple en date:

http://www.lexpress.fr/info/infojour/reuters.asp?id=42920&2138
jeudi 26 avril 2007, mis à jour à 21:51
Brise de Guerre froide entre la Russie et l'Otan
Reuters
La Russie fait souffler une brise de Guerre froide sur l'Otan en gelant le traité sur les Forces conventionnelles en Europe (CFE) pour protester contre le projet américain de bouclier antimissile.


C'est clairement la Russie, selon Reuters, qui relance la guerre froide. Alors que le même article expose clairement que les gestes hostiles (encerclement de la Russie par des bases de l'OTAN, installation de missiles, soutien à l'indépendance du Kosovo) proviennent tous du même côté: de l'Occident. Des gestes auxquels la Russie ne fait que réagir, rhétoriquement pour l'instant, puisqu'elle se contente de déclarer un moratoire sur un traité pratiquement caduc.
Les Américains implantent un étrange système de missiles antimissiles "anti-axe-du-Mal" en Pologne et R. Tchèque, soit à l'opposé de l'origine des tirs hostiles. Ils le font sans consulter l'UE, sans même consulter l'OTAN (!), dans des pays plus dévoués aux USA qu'à l'Union où ils viennent d'entrer. Qui s'insurge contre cette ingérence brutale dans les affaires de défense européennes? Personne. Seul un ministre norvégien ironise gentiment sur le "bouclier" américain dressé contre des moulins à vent : "Je suis toujours en train d'écouter et je ne suis toujours pas convaincu par la menace". Et pendant que les cowboys piétinent allègrement la maigre souveraineté nationale ou supranationale des Européens, Mme Rice se permet encore de faire l'article à la Russie sur le respect des vieux traités internationaux...
Mais que dirait-on si la Russie, actuellement en position de force financière et stratégique, entreprenait des mouvements militaires correspondant à ceux des Américains? Par exemple, en installant des bases hors de ses frontières sous prétexte de "lutte contre le terrorisme islamique" (un terrorisme qui, soit dit en passant, a tué depuis vingt ans beaucoup plus de citoyens russes que d'Américains, de Britanniques ou de Français). En montant des rampes de missiles dirigées vers la France "au cas où" cette puissance nucléaire basculait du côté de la charia. En préparant des "frappes" nucléaires tactiques contre les bases arrières du terrorisme qui la frappe. Par exemple, la Grande-Bretagne qui donne officiellement asile aux terroristes tchétchènes ou aux oligarques qui jurent publiquement d'obtenir la tête de son président élu?
Est-ce parce qu'elle ne le fait pas qu'on se permet de traiter la Russie de la sorte?


PS : On admire, dans la photo accompagnant l'article, l'art qu'a le photographe de faire ressortir la puissance glaciale des symboles de l'Empire:





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vendredi 19 novembre 2004

Umberto Eco, Homais qui se prend pour Pétrone


Le débraillé apodictique de Umberto Eco dans le Figaro du jour: transcription d'un exposé sur "L'histoire de la beauté", où il explique que les belles d'une époque ne ressemblent pas aux belles de l'autre (comparaison entre dame-joyau du XIIIe siècle et dame-cadavre chez Barbey d'Aurevilly).
Pour conclure, bourgeoisement, à l'absolu relativisme de la beauté, bien entendu. Dans le libre-échange, tout se négocie. "Fin du voyage" et ultime sentence: la beauté est différente du désir car on peut trouver une chose belle sans la désirer forcément... Tenez donc!
Ce n'est en tout cas pas d'amour ni de nostalgie qu'il mourra, ce Saturne. De glaciation, peut-être, dans ses orbites à la fois hyperboliques et plates?
Cette enfilade de portes ouvertes qu'on enfonce savamment! Cette érudition troussée pour rien. Pour le nivellement de tout. Parlons de la beauté d'un presse-agrumes bien "dizaïné"!
Voilà vingt ans qu'on nous bassine avec Eco le sémiologue, Eco le subtil, Eco l'original... à force de bourrage de crâne, on aura fait passer un âne savant pour une hermine, un Clayderman pour un Liszt, un Homais pour un Pétrone.
Umberto Eco, arbitre des élégances les plus laides de l'histoire humaine...